Diplôme pédiatrie: quelles formations pour devenir pédiatre ?

3 850. C’est le nombre de postes d’internes en médecine ouverts en France pour l’année 2023. Derrière cette statistique, une réalité : chaque spécialité se dispute un nombre de places limité, et les étudiants en médecine n’ont pas tous la possibilité de choisir leur voie selon leur seule vocation. La pédiatrie, elle, n’échappe pas à la règle.

En France, la spécialisation en pédiatrie ne repose pas sur un concours distinct, mais sur le classement national obtenu à la fin de la sixième année de médecine. Ce système place la filière sous tension, car le nombre de postes ouverts varie selon les priorités hospitalières et l’orientation des politiques de santé publique.

L’internat, qui dure quatre ans, s’impose comme l’unique chemin pour exercer la pédiatrie. Pourtant, de nombreux étudiants n’hésitent pas à compléter ce parcours par des stages spécialisés ou des diplômes complémentaires. Ces ajouts s’avèrent parfois nécessaires pour approfondir une expertise, viser un poste hospitalo-universitaire ou se démarquer dans un secteur en pleine mutation. Les réformes successives redessinent les contours du métier, bousculant les attentes et transformant les compétences à acquérir.

Le métier de pédiatre : soigner, accompagner et prévenir auprès des enfants

Être pédiatre, ce n’est pas simplement prescrire une ordonnance. Le médecin spécialiste des enfants s’implique chaque jour auprès de ses jeunes patients et de leurs familles, établissant un dialogue attentif, précis, parfois tout en nuances. Communiquer avec un enfant, souvent incapable d’exprimer clairement ses symptômes, exige une écoute particulière, une adaptation permanente. Les situations rencontrées vont des infections courantes aux troubles du développement, imposant une vigilance constante et une vaste palette de compétences cliniques.

La santé de l’enfant ne s’arrête pas à la porte du cabinet. À l’hôpital, en clinique ou au sein de structures de protection maternelle et infantile (PMI), le pédiatre agit aussi en prévention et en éducation. Voici quelques missions concrètes qui jalonnent son quotidien :

  • Assurer les vaccinations et organiser les dépistages précoces
  • Prodiguer des conseils nutritionnels adaptés à l’âge et au contexte familial
  • Suivre le développement moteur, cognitif et affectif de l’enfant

En France, la coordination avec sages-femmes, puéricultrices ou autres professionnels paramédicaux structure une prise en charge globale, évitant l’isolement du praticien.

Face à l’évolution rapide des besoins en santé infantile, certains pédiatres se spécialisent en néonatalogie, en endocrinologie pédiatrique ou dans la prise en charge des urgences. D’autres s’orientent vers la recherche ou l’enseignement. Le métier s’exerce alors aussi bien en cabinet de ville qu’en hôpital, en PMI ou en clinique, confirmant la diversité des trajectoires offertes à ces médecins voués à la santé des enfants.

Pourquoi choisir la pédiatrie ? Un engagement au service des plus jeunes

S’orienter vers la pédiatrie impose un regard différent sur la profession de médecin. Les femmes et les hommes qui font ce choix acceptent d’accompagner non seulement l’enfant, mais aussi sa famille, à chaque étape de la croissance. Avec les jeunes patients, la relation diffère en profondeur de celle que l’on instaure avec un adulte. Chaque consultation appelle à la créativité, à la patience, à l’adaptation. Parfois, la communication passe par le jeu, le dessin, un simple sourire : autant de moyens pour gagner la confiance et permettre le dialogue.

La pédiatrie attire par la variété de ses missions et de ses situations. On ne fait pas que soigner : il faut aussi prévenir, diagnostiquer, rassurer, orienter. Certains médecins s’engagent dans la santé publique, participant à des campagnes de vaccination ou travaillant en protection maternelle et infantile (PMI). D’autres privilégient la diversité des pathologies, allant des maladies courantes aux affections rares. Le travail en équipe pluridisciplinaire séduit aussi de nombreux praticiens, qui y voient l’occasion d’enrichir leur pratique et d’apprendre au contact de leurs collègues.

Choisir la pédiatrie, c’est vouloir participer activement à l’épanouissement des générations à venir. Les enfants changent, les familles évoluent : le pédiatre doit sans cesse remettre en question ses méthodes, actualiser ses savoirs. Cette dynamique permanente, loin de lasser, nourrit la motivation de ceux qui consacrent leur carrière à la santé infantile.

Quelles études et formations pour devenir pédiatre en France ?

Le chemin vers le diplôme de pédiatrie demande de la ténacité. Après le baccalauréat, il faut rejoindre la première année d’études de santé via le Parcours d’Accès Spécifique Santé (PASS) ou la Licence Option Accès Santé (LAS). Deux voies sélectives, qui ouvrent l’accès aux études de médecine, avec leur lot d’exigences et de connaissances à maîtriser.

Une fois validées les six années d’études de médecine à l’université, les étudiants se présentent aux épreuves classantes nationales (ECN). Le classement obtenu détermine le choix de la spécialité. La pédiatrie attire chaque année de nombreux candidats, mais les places sont comptées.

La spécialisation se poursuit avec le Diplôme d’Études Spécialisées (DES) de pédiatrie, sur quatre années. Ce cursus alterne stages à l’hôpital, enseignements théoriques et pratique clinique auprès d’enfants hospitalisés, en néonatologie, en urgences pédiatriques ou encore en structure de protection maternelle et infantile (PMI).

La fin du parcours est marquée par la soutenance d’une thèse d’exercice, qui ouvre droit au diplôme d’État de docteur en médecine. Ce sésame permet d’exercer comme pédiatre. Certains complètent encore leur formation avec des fellowships ou des diplômes universitaires (DU) spécialisés, en cardiologie pédiatrique ou en néonatalogie par exemple. Rester à la page devient indispensable : la pédiatrie évolue vite, et les connaissances doivent s’actualiser au fil des avancées médicales.

Pediatre expérimenté avec un enfant en consultation

Compétences, rémunération et évolutions de carrière : ce qu’il faut savoir avant de se lancer

Trois qualités forment la base du métier de médecin spécialiste des enfants : rigueur scientifique, sens clinique et écoute. L’apprentissage du développement physiologique, de la néonatalogie aux urgences pédiatriques, passe par des stages exigeants et une immersion totale auprès des enfants et de leurs familles. Le pédiatre intervient très tôt pour dépister les troubles, accompagne les parents, agit en prévention. Le travail en équipe, avec sages-femmes, assistantes maternelles, gynécologues-obstétriciens, irrigue la pratique, que ce soit en cabinet ou à l’hôpital.

Le salaire du pédiatre varie largement selon le mode d’exercice. À l’hôpital, un praticien hospitalier commence autour de 4 000 euros bruts par mois, et peut atteindre 7 000 euros en fin de carrière, selon son grade et ses responsabilités. En libéral, la rémunération dépend du nombre de patients suivis, de la région, et de la notoriété du cabinet. Les praticiens les plus expérimentés peuvent dépasser 8 000 euros bruts mensuels.

Les perspectives d’évolution de carrière sont multiples. Certains pédiatres optent pour l’enseignement universitaire, la recherche ou s’investissent dans la santé publique. D’autres affinent leur spécialisation, néonatalogie, urgences, réseaux de protection maternelle et infantile (PMI). La profession, portée par la demande et les transformations de la santé infantile, offre ainsi une grande souplesse de parcours et d’opportunités, à la mesure de l’engagement de chacun.

Devenir pédiatre, c’est choisir une trajectoire où chaque journée compte, où l’on grandit en même temps que ses patients. La porte est ouverte à ceux qui veulent tracer un chemin singulier, au cœur de la santé des enfants.