127 unités par litre. Ce chiffre, tombé sur un compte-rendu médical, suffit à faire monter la pression chez bien des patients. Pourtant, l’analyse des transaminases n’a rien d’un couperet universel. Elle exige nuance, expérience et, surtout, une lecture qui dépasse la simple comparaison à une “norme” gravée dans le marbre.
Un taux d’alanine aminotransférase (SGPT/ALAT) qui dépasse les repères habituels ne rime pas forcément avec maladie grave. Les fourchettes varient selon les laboratoires, mais aussi selon l’âge, le sexe, ou encore le passé médical de la personne. Une montée temporaire peut survenir après un effort sportif intense ou la prise de certains traitements, sans que cela traduise un problème durable.
Dans le dédale des résultats, distinguer ALAT d’ASAT reste déterminant pour orienter le diagnostic. Une variation isolée de l’une ou l’autre enzyme n’a pas la même portée, et chaque situation mérite une interprétation au cas par cas. Les causes d’augmentation sont nombreuses, et bien loin de signaler systématiquement une atteinte grave du foie.
Transaminases, ALAT et ASAT : ce que révèlent vraiment vos analyses sanguines
Le taux de transaminases, notamment ALAT (alanine aminotransférase) et ASAT (aspartate aminotransférase), occupe une place de choix dans le bilan hépatique. Ces enzymes, dosées lors d’une prise de sang, donnent un aperçu concret de la fonction hépatique et guident la recherche d’une anomalie. Le foie, véritable régulateur du métabolisme des protéines et des acides aminés, libère ces enzymes dans la circulation sanguine en cas d’agression, qu’elle soit virale, toxique ou mécanique.
Les valeurs considérées comme normales diffèrent d’un laboratoire à l’autre, mais l’ALAT se situe en général entre 8 et 35 UI/l, l’ASAT entre 8 et 30 UI/l. Lorsqu’une prise de sang montre une hausse isolée de l’ALAT, on pense d’abord à une atteinte du foie. Si ASAT et ALAT grimpent ensemble, le spectre s’élargit : problème musculaire, cardiaque, ou encore réaction à un médicament.
L’analyse des résultats de prise de sang se fait toujours en tenant compte du contexte. Les chiffres seuls ne suffisent pas : le médecin les met en perspective avec d’autres éléments, comme la bilirubine ou la bilirubine conjuguée, et s’appuie sur l’ensemble du bilan hépatique. Ce panel d’examens permet d’assurer le suivi d’une maladie connue ou d’apporter des éléments pour comprendre une anomalie biologique.
Voici comment se distinguent ces deux enzymes dans l’interprétation des analyses :
- ALAT : plus spécifique du foie, elle réagit rapidement en cas de lésion hépatique.
- ASAT : moins spécifique, présente également dans le muscle et le cœur, ce qui complexifie l’analyse si elle est seule à augmenter.
La subtilité de l’interprétation repose sur la comparaison des taux, l’examen des valeurs de référence et l’association à d’autres paramètres du fonctionnement hépatique. Le sens donné à la variation des transaminases dépend toujours de l’histoire médicale et du contexte clinique.
Résultats anormaux : comprendre les causes, les symptômes et les démarches à suivre
Un taux élevé d’alanine aminotransférase (ALAT) incite le médecin à pousser l’enquête. Plusieurs situations peuvent expliquer une augmentation des transaminases : les hépatites virales (de type A, B ou C), la consommation excessive d’alcool, une obstruction des voies biliaires, ou la prise de certains médicaments. Plus rarement, des maladies génétiques telles que l’hémochromatose ou la maladie de Wilson entrent en jeu. La destruction des globules rouges, bien que moins fréquente, fait aussi partie des scénarios à considérer.
Les signes d’une atteinte hépatique ne sont pas toujours spectaculaires. Parfois, tout se joue en silence. Mais certains indices doivent alerter : fatigue persistante, nausées, jaunisse (ictère), urines foncées. Dans de nombreux cas, la hausse des transaminases se découvre au détour d’une prise de sang de routine, sans symptôme évident.
Lorsqu’une anomalie apparaît, le médecin généraliste s’attelle à remonter la piste. Il questionne les antécédents, la consommation d’alcool, la prise de traitements récents ou l’exposition à des substances potentiellement toxiques. Si besoin, il prescrit un bilan hépatique plus complet : dosage de la bilirubine, échographie abdominale, sérologies virales. L’objectif reste d’identifier la cause de l’élévation chronique des transaminases et d’évaluer le risque de pathologie hépatique.
Pour mieux cerner l’origine d’une élévation, voici les principaux contextes recherchés :
- Hépatite d’origine virale ou liée à un médicament
- Obstacle sur les voies biliaires (cholestase), calcul ou inflammation
- Alcool ou autres substances toxiques
- Maladies génétiques telles que l’hémochromatose ou la maladie de Wilson
Le meilleur réflexe ? Consulter dès la découverte d’une anomalie sur votre bilan hépatique, sans attendre que les signaux d’alerte se multiplient. Mieux vaut agir tôt que de laisser le doute s’installer.
Une analyse sanguine n’est jamais une sentence. Elle n’est qu’une photographie, à un instant donné, d’un organisme en mouvement. Les chiffres racontent une histoire, mais c’est avec le regard du clinicien qu’elle prend tout son sens.


