C.netsoins pour la coordination des soins : comment mieux partager l’information ?

Le passage au DUI NETSoins ne résout pas mécaniquement les problèmes de coordination entre équipes soignantes. C.netsoins reste un portail parmi d’autres sous-domaines (g.netsoins, e.netsoins, a.netsoins), et la qualité du partage d’information dépend moins de l’outil que de la façon dont les établissements paramètrent les flux, structurent les transmissions et respectent les prérequis d’interopérabilité imposés depuis 2024.

INS et DMP : les prérequis d’interopérabilité qui conditionnent c.netsoins

Depuis 2024, l’Assurance Maladie et le ministère de la Santé conditionnent les projets de coordination à l’usage de l’Identifiant National de Santé (INS) et à l’alimentation automatique de Mon espace santé / DMP. Cette contrainte réglementaire a un impact direct sur NETSoins : sans réconciliation fiable de l’INS dans le dossier résident, les données produites dans c.netsoins restent cloisonnées à l’établissement.

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Nous observons que beaucoup d’EHPAD et d’USLD utilisent NETSoins au quotidien sans avoir activé l’alimentation du DMP. Le logiciel le permet techniquement (conformité Ségur du numérique en santé), mais la mise en œuvre exige un paramétrage spécifique et une vérification systématique de l’identité patient via l’INS qualifiée.

Concrètement, tant que l’INS n’est pas qualifié pour chaque résident, le parcours ville-hôpital-médico-social reste fragmenté. Le médecin traitant en libéral ou le service d’urgences hospitalier n’accède pas aux transmissions saisies dans c.netsoins. La coordination promise par le DUI ne franchit pas les murs de l’établissement.

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Médecin généraliste consultant un outil numérique de coordination des soins dans son cabinet médical

Hébergement HDS et sécurité des données partagées via NETSoins

Le partage d’information entre professionnels de santé suppose un cadre de confiance. La certification hébergeur de données de santé (HDS), renouvelée tous les trois ans avec des audits renforcés, encadre les conditions dans lesquelles Teranga Software héberge les dossiers NETSoins.

Les exigences ont été renforcées récemment : traçabilité accrue, gestion des sous-traitants cloud, chiffrement des données au repos et en transit. Pour un directeur d’établissement, cela signifie que le contrat avec l’éditeur doit être relu à chaque renouvellement de certification. Les clauses relatives aux sous-traitants (localisation des serveurs, chaîne de responsabilité en cas de fuite) méritent une attention particulière.

Un point souvent négligé : la gestion des droits d’accès à l’intérieur de c.netsoins. Nous recommandons de différencier finement les profils (aide-soignant, IDE, médecin coordonnateur, cadre de santé) pour limiter l’exposition des données sensibles. Un accès trop large crée du bruit et des risques RGPD. Un accès trop restreint empêche la coordination.

Transmissions ciblées dans c.netsoins : réduire le bruit pour fiabiliser le partage

La surcharge informationnelle dans les transmissions constitue l’un des écueils les plus documentés par les retours de terrain en EHPAD et SSR. Trop de transmissions non structurées noient l’information clinique utile.

NETSoins propose un modèle de transmissions ciblées (données, actions, résultats). Le problème n’est pas l’outil, mais l’appropriation par les équipes. Quand chaque professionnel saisit un texte libre sans respecter la structuration DAR, la relève devient un exercice de tri plutôt qu’un acte de coordination.

Structurer les transmissions pour qu’elles servent vraiment

Trois leviers concrets permettent de réduire le bruit dans c.netsoins :

  • Imposer le format DAR (Données, Actions, Résultats) pour chaque saisie de transmission, avec un contrôle qualité mensuel par le cadre de santé ou l’IDEC
  • Paramétrer des alertes ciblées sur les événements critiques (chute, modification de traitement, changement d’état cutané) plutôt que des notifications génériques sur chaque nouvelle entrée
  • Former les aides-soignants à la saisie structurée : la majorité des transmissions quotidiennes proviennent de ce métier, et une formation initiale de quelques heures change la qualité des données sur plusieurs mois

Sans ce travail organisationnel, le DUI devient un réservoir de texte difficile à exploiter, y compris pour les outils de reporting et les statistiques internes.

Planification des soins et coordination pluridisciplinaire dans NETSoins

La planification des soins dans NETSoins repose sur le plan de soins individualisé, rattaché au dossier résident. La coordination pluridisciplinaire dépend de la mise à jour régulière de ce plan, pas seulement de la saisie des actes réalisés.

En pratique, nous constatons un décalage fréquent entre le plan de soins théorique et les actes réellement tracés. Les prescriptions médicales sont intégrées, mais les ajustements paramédicaux (positionnement, stimulation cognitive, accompagnement nutritionnel) restent souvent hors du circuit numérique.

Intégrer les professionnels paramédicaux dans le circuit NETSoins

Kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychologues et diététiciens interviennent régulièrement en EHPAD sans toujours disposer d’un accès paramétré à c.netsoins. Leur donner un profil dédié, avec des droits calibrés sur leur périmètre d’intervention, permet de :

  • Tracer les actes paramédicaux directement dans le dossier résident, sans doublon papier
  • Rendre visibles les observations paramédicales lors des transmissions de relève
  • Alimenter les indicateurs qualité (GIR, PATHOS) avec des données complètes plutôt que partielles

Équipe soignante pluridisciplinaire réunie autour d'une tablette pour coordonner la prise en charge d'un patient

Coordination ville-établissement : les limites actuelles de c.netsoins

NETSoins centralise efficacement l’information à l’intérieur d’un établissement. La coordination avec les acteurs extérieurs (médecins traitants libéraux, pharmacies d’officine, services hospitaliers) reste plus fragile.

L’alimentation du DMP, quand elle est activée, constitue le principal vecteur de partage vers l’extérieur. Les messageries sécurisées de santé (MSSanté) offrent un complément pour les échanges ponctuels, mais leur usage depuis NETSoins dépend de l’intégration technique réalisée par l’éditeur et du paramétrage local.

La coordination ne se limite pas à l’outil logiciel. Elle exige un protocole organisationnel : qui envoie quoi, à quel moment, via quel canal. Sans cette formalisation, les équipes retombent sur le fax ou le téléphone, quel que soit le niveau de sophistication du DUI.

Le chantier le plus concret pour un établissement qui utilise c.netsoins reste de vérifier trois points : l’INS est-il qualifié pour chaque résident, le DMP est-il alimenté automatiquement, et les droits d’accès reflètent-ils l’organisation réelle des soins. Ces trois éléments conditionnent tout le reste.